Des mass média aux média des masses (2e article)

Publié le par Delphine A

Lors de sa conférence* « Des mass média aux média des masses », Joël de Rosnay (Président exécutif de Biotics et Conseiller auprès de la Cité des Sciences et de l’Industrie) nous livre sa vision d’Internet, de la nouvelle communication et du système économique qui en découle.

Au fil de son exposé sur les avancées technologiques, il nous explique que les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) bouleversent notre mode de communication et notre monde social, économique et politique.

En effet, les internautes se réapproprient les outils de production, devenant des producteurs de contenu et de richesse, soit des « pronétaires » (pro+net+-aires : personnes pour et sur le Net), d’où des conflits et rapports de force avec les « info-capitalistes » (détenteurs de l’information et des réseaux de distribution). On remarque l’émergence du « pronétariat » ; bientôt un milliard de personnes seront connectées à Internet. Cette révolution, caractérisée par une production massive et collaborative, est comparable à celle du début de l’ère industrielle symbolisée par la machine à vapeur, puis par la mécanisation et l’automatisation. Basée sur le numérique et Internet, elle se révèle très rapide.

Du système des « mass média » (média traditionnels : télé, presse, radio…) où tout est contrôlé, nous passons à un système de « média des masses » : explosion des blogs, vlogues (journaux vidéo), journaux citoyens ou wikis (par exemple l'encyclopédie Wikipedia) ; les citoyens créent eux-mêmes leurs informations, leurs produits et échangent du contenu. Ainsi l’échange d’un à un laisse place à un échange de tous vers tous. Internet devient une « TR » (Technologie de la Relation). Une communauté se fédère sur le Web, où l’expression et les échanges sont libres. Les citoyens internautes ne sont plus relégués au simple rang de consommateurs mais « prennent le pouvoir » en mettant à mal les marques, les institutions et les média et en définissant leur propre économie. Les industriels contre-attaquent mais comprennent qu’ils peuvent aussi collaborer. Il s’agit d’une nouvelle économie, au modèle spécifique : grâce à Netscape, des services proposés et du buzz (bouche-à-oreille), des gains sont réalisés, de là son expression : « flux + buzz = bizz » (business). Cette nouvelle sphère est effectivement mercantile, on parle d’« e-consommateur », d'« e-commerce ».

Ainsi les citoyens du monde sont-ils en train d’inventer une nouvelle démocratie, une vraie démocratie de la communication, en appui sur les « média des masses ».

L’ampleur de cette révolution technologique est importante : elle touche une flopée de domaines tels que l’édition / la presse, le cinéma, la sécurité ; on voit apparaître de nouveaux termes tels l’« e-education» ou la « biotique » (le mariage de la biologie et l’informatique).

Même les fonctions lire, écrire, écouter sont transposées à la technologie via les « objets communicants » ou « outils interactifs ».

Notre environnement se métamorphose et devient « cliquable ». Aujourd’hui nous rentrons dans notre « bureau » (informatique ou « Desktop »), demain nous évoluerons dans un environnement informatisé !...

Notes :

Pour en savoir plus, son site : derosnay.com, son blog : pronetaire.com, son livre « La révolte du pronétariat ».

Pour lui écrire (maximum 10 lignes pour être lu !) : derosnay@club-internet.fr.

 

Enfin, pour lire le 1er article sur cet événement et obtenir plus de liens, rendez-vous sur le blog de Christophe Blazquez de RH Partners, Pau.

 

* Conférence à l’occasion de l’Assemblée Générale d’Adour Compétitivité, le vendredi 12 mai dernier.

Delphine Aymé

 

(delphineayme05@yahoo.fr)                                     

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Publié dans Que faisons-nous

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J
<br /> Bonjour, quelques réflexions à la lecture de ce compte-rendu. Un constat intéressant d'abord, celui de l'apparition des "pronétaires" (même si tous ces barbarismes sont un peu…barbants ;-)) et du renversement des mass media en médias de masses.<br /> Ensuite les choses se gâtent, à mon avis.<br /> 1 D'abord, si le business était concomitant à la démocratie, nous nous en serions déjà rendus compte: le taux de croissance à deux chiffres, c'est bien en Chine qu'on le trouve, pays ou les libertés individuelles ne me semblent pas la préoccupation première des autorités. L'Histoire récente nous fournit d'autres démonstrations que l'ultralibéralisme n'a pas vocation à les garantir.<br /> 2 Les "citoyens du monde" (concept à éclaircir face aux montées communautaristes, à la stagnation du projet européen et à la situation internationale) seraient donc en train de bâtir une nouvelle démocratie… Admettons, mais quelle démocratie ? Il ne me semble pas que nous soyons tous égaux devant les NTIC, qui ne sont par ailleurs qu'un outil. Certes, tout le monde aujourd'hui peut jouir (ou avoir l'illusion de) de son quart d'heure de célébrité warholien, mais reconnaissons que la plupart des blogs ne sont que des e-journaux intimes, et le propre d'un journal intime, c'est de le rester! (pardon pour cette lapalissade) La protection de la sphère privée, c'est justement une des caractéristiques de la démocratie, en opposition à la transparence de l'action publique.<br /> 3 Le concept de communauté du Net me semble une illusion dangereuse. Certes, on ne peut méconnaître le rôle de la Toile dans le non au référendum sur le projet de constitution européenne, vécue et utilisée comme un média "alternatif" face au oui véhiculé par les medias traditionnels, mais la communauté du Net ? Pourquoi pas la communauté des automobilistes, des utilisateurs du frigidaire, du sèche-cheveux (haro sur les chauves!) que-sais-je encore ?<br /> 4 Le terme communauté implique une cohérence, un projet, un avenir et non une pratique occasionnelle ou régulière. Adopter un terme aussi vague et généraliste que l' "Internet" par exemple, pare ce dernier de cette cohérence. Or on y trouve pratiquement tout, donc uniquement ce que l'on y cherche, et nous savons depuis Bourdieu que toutes les opinions ne se valent pas.<br /> 5 Ce qui nous amène au problème du débat: on sait que le débat d'idées n'a pas sa place dans les media audiovisuels, faute de temps et d'espace (répondez à Joel de Rosnay, oui, mais en 10 lignes maximum !!!) Je vous engage à écouter sur le site de France-Info la chronique du philosophe et académicien Michel Serres, dont la communication est un sujet de prédilection.<br /> Somme toute, la "révolution" des NTIC me semble encore un peu surestimée. Elle devrait au contraire être l'occasion d'une régénération de la démocratie traditionnelle (si tant est qu'il en existe une autre?) par l'émergence dans le débat public des nouvelles questions quelle induit. En attendant elle me semble très utile à la vente de livres…<br /> @ bientôt<br />  <br />  <br />
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B
Le plus court chemin au profit. Bill.
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